Mon utérus, mon choix.

On pensait que les droits des femmes avançaient, que le droit à l’IVG était acquis (pas à l’unanimité, ça va sans dire), que l’on pouvait – en Europe – disposer de son propre corps selon son propre jugement.
Et puis la nouvelle est tombée : l’Espagne fait demi-tour et n’autorisera désormais l’accès à l’IVG qu’aux femmes dont la grossesse les met en danger et à celles qui ont été violées. Quand on connaît les chiffres relatifs aux dernières (10% seulement portent plainte en France) et qu’on sait à quel point il est compliqué de prouver un viol s’il n’a pas été accompagné de violences physiques apparentes, on peut déjà tiquer très fort. On n’est pas loin de cette autre nouvelle loi passée dans le Michigan, qui force les femmes à souscrire à une assurance pour pouvoir être couvertes en cas d’avortement, même si la grossesse est due a un viol ou un inceste.

Et c’est reparti. Foison de pro-life qui viennent nous expliquer que la vie cétrobo et que l’avortement est un meurtre. Ceux-là mêmes qui sont généralement aussi pro-peine de mort, comme me le faisait remarquer Diane de Saint-Réquier tantôt sur Twitter. Si vous cherchez la logique, laissez tomber, elle est en congés.

L’IVG est pour moi un droit primordial. Avant tout parce que mon corps m’appartient. À moi, et à personne d’autre. Mais aussi parce que je ne conçois pas que l’on puisse vouloir mettre un humain de plus sur cette planète s’il n’est pas désiré, ou si on ne peut pas l’assumer (financièrement et émotionnellement). Faire un enfant est une décision qui se réfléchit, pas un fardeau qui doit s’imposer.
Un gamin qui n’a pas été désiré va le ressentir tout au long de sa vie. Et ça ne sera pas une balade à la plage. Une dame m’avait interpellée un jour sur twitter en hurlant qu’elle a failli être avortée, comme si son témoignage pouvait me dire autre chose que « toute ma vie j’ai souffert de ne pas avoir été désirée et de m’être imposée malgré moi a mes parents ».

Vaut-il mieux vivre sans être aimé de ses géniteurs, ou passer son tour ?

Et puis il me semble nécessaire de rappeler que l’avortement n’est pas un petit plaisir que l’on s’accorde. Bien que l’intervention soit banalisée, elle reste une épreuve pas toujours facile d’accès et douloureuse, tant physiquement qu’émotionnellement. Je ne me réjouirais pas de la perspective de me vider de mon sang pour évacuer un locataire non-désiré, mais si je devais passer par là je le ferai sans regrets, parce qu’il est hors de question que l’on m’impose de changer ma vie pour en créer une autre. Égoïsme, vous dites ? Non, bon sens. Au-delà de mon rythme de vie d’intermittente qui serait très difficile à concilier avec celle d’un enfant, mes moyens ne me permettraient pas de lui offrir un cadre de vie correct. Rationnel. Ce qui serait égoïste ce serait de contraindre cet enfant potentiel à vivre ça. Et je veux pouvoir me réserver le droit d’en décider, merci bien.

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